En bref : éco-concevoir un site web, c'est éviter de mobiliser des ressources pour ce qui ne sert à rien. Voici 12 actions concrètes, avec pour chacune son impact, son effort et le critère du RGESN 2024 correspondant. Les images, le JavaScript et les services tiers pèsent le plus ; une mesure régulière évite que le site ne regrossisse.
Un site internet n'a pas de pot d'échappement.
Pourtant, il n'est pas immatériel.
Derrière chaque page consultée se trouvent des serveurs, des réseaux et des terminaux qui stockent, transmettent et affichent des données. Et plus nous demandons de ressources pour afficher une page, plus nous sollicitons toute cette infrastructure.
Alors, faut-il supprimer toutes les images, bannir les vidéos et revenir à un site composé de trois liens bleus sur fond blanc ?
Heureusement, non.
Éco-concevoir un site web consiste surtout à se demander ce qui est réellement utile et à éviter de mobiliser des ressources pour ce qui ne l'est pas.
Et contrairement aux grandes déclarations d'intention, cela passe par des décisions très concrètes.
En voici 12.
Qu'est-ce que l'éco-conception web ?
L'éco-conception web, c'est concevoir un site en réduisant, dès le départ, les ressources numériques qu'il mobilise : données transférées, calcul, stockage, mais aussi durée de vie des appareils qui l'affichent.
En France, elle dispose d'un cadre public : le RGESN, référentiel général d'écoconception de services numériques, publié en mai 2024 par l'Arcep et l'Arcom avec l'ADEME. Il compte 78 critères répartis en 9 thématiques (stratégie, UX/UI, contenus, frontend, hébergement…). Sa base légale est l'article 25 de la loi REEN de 2021, mais le référentiel lui-même n'est pas contraignant (RGESN, version 2024). Chaque action ci-dessous renvoie au critère le plus proche.
Où se situe vraiment l'impact du numérique ?
Selon la mise à jour de janvier 2025 de l'étude ADEME-Arcep (données 2022), le numérique représente 4,4 % de l'empreinte carbone de la France, soit 29,5 millions de tonnes d'équivalent CO2 (ADEME, dossier de presse, 9 janvier 2025). Les terminaux pèsent environ 50 % de ce total, les centres de données 46 % et les réseaux 4 % (ADEME Magazine n°175, janvier 2025). La fabrication des équipements en représente environ 60 % : calcul à partir des chiffres de l'ADEME (17,8 Mt sur 29,5 Mt), qui ne publie pas ce pourcentage.
Vous avez peut-être lu « 79 % pour les terminaux, 16 % pour les centres de données » : ces chiffres viennent de l'édition précédente (données 2020). L'écart s'explique en grande partie par un changement de méthode : les centres de données situés à l'étranger sont désormais comptés. Le passage de 2,5 % à 4,4 % n'est donc pas une hausse réelle de 76 % en deux ans (ADEME, 2025).
Pour un site web, retenez ceci : une grande part de l'impact vient de la fabrication des équipements, pas seulement de l'électricité consommée à l'usage. L'ADEME recommande d'ailleurs de prolonger leur durée d'usage. C'est pourquoi la durée de vie (action 11) compte autant que le poids des pages.
Éco-conception et performance : est-ce la même chose ?
Non, mais elles se recoupent. La performance vise la vitesse ressentie ; l'éco-conception vise les ressources consommées sur tout le cycle de vie. Sur les images, le JavaScript ou les services tiers, les deux vont dans le même sens. Elles peuvent aussi diverger : un chargement différé mal placé économise des octets mais retarde l'affichage (action 7). Rendre un site rapide ne suffit donc pas à le rendre sobre.
Par où commencer ?
Nous ne chiffrons pas le gain en CO2 de chaque action : aucune étude fiable ne le fait levier par levier, et les modèles divergent d'un facteur 5 environ (EcoIndex : environ 2 g par page ; Sustainable Web Design : environ 0,4 g pour une page médiane, calcul à partir de ses hypothèses). Nous pouvons en revanche situer les leviers par leur poids. La page d'accueil médiane pèse environ 2,6 Mo sur mobile et 2,9 Mo sur ordinateur, en hausse de 7 à 8 % en un an (Web Almanac 2025, Page Weight, publié le 15 janvier 2026). Les images en représentent environ 36 %, le JavaScript environ 25 % et les polices environ 5 % (calcul à partir des médianes par type). Green IT recommande de viser 1 Mo et 30 requêtes par page (Baromètre 2025).
Le tableau classe les 12 actions. Impact et effort sont notre estimation qualitative, fondée sur ces poids, pas une mesure. Le critère RGESN est le plus proche de l'action.
| # | Action | Impact | Effort | RGESN |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Supprimer l'inutile | Fort | Faible | 5.8, 2.7 |
| 2 | Parcours plus courts | Moyen | Moyen | 4.3, 4.2, 4.14 |
| 3 | Images allégées | Fort | Faible | 5.1, 5.2, 6.4 |
| 4 | Vidéo à la demande | Fort si vidéo | Faible | 4.1, 5.3 à 5.5 |
| 5 | Moins de polices | Faible | Faible | 4.8 |
| 6 | Code sans surcharge | Fort | Élevé | Frontend, Backend |
| 7 | Chargement différé | Moyen | Faible | 6.5 |
| 8 | Ménage des tiers | Fort | Faible à moyen | 2.10, 4.4 |
| 9 | Cache | Moyen | Faible | 6.2, 7.1 |
| 10 | Hébergement | Limité | Moyen | 8.1 à 8.5 |
| 11 | Durée de vie | Potentiellement fort, non chiffrable | Élevé | 2.2, 2.4, 2.7, 3.4 |
| 12 | Mesurer | Indirect | Faible | 1.4, 1.5, 4.15 |
Si vous n'en faisiez que quatre : les actions 1, 3, 8 et 4, peu coûteuses et situées sur les plus gros postes de poids.
Quelles sont les 12 actions d'éco-conception à mener ?
1. Commencer par supprimer ce qui ne sert à rien
Impact fort · Effort faible · RGESN 5.8 et 2.7 (pas de critère de suppression explicite)
La première optimisation est probablement la plus simple.
Avant de chercher comment rendre une fonctionnalité plus légère, demandons-nous :
est-elle vraiment nécessaire ?
Carrousel que personne n'utilise, animation purement décorative, module installé depuis trois ans, fonctionnalité réclamée au début du projet mais jamais utilisée…
Tout élément ajouté à un site possède potentiellement un coût : développement, données transférées, requêtes supplémentaires, maintenance. Le Baromètre Green IT 2025 relève un DOM moyen de 3 977 éléments pour les sites e-commerce (+28 % en un an), pour une cible de 600.
L'écoconception commence donc bien avant d'écrire la première ligne de code.
Elle commence par le besoin. C'est le rôle d'un cahier des charges : distinguer ce dont le projet a besoin de ce qu'on ajoute « au cas où ».
Et parfois, la solution la plus écologique est extrêmement efficace techniquement :
ne rien ajouter.
2. Construire des parcours plus courts
Impact moyen · Effort moyen · RGESN 4.3, 4.2 et 4.14
Imaginez que deux sites permettent d'obtenir exactement la même information.
Sur le premier, il faut consulter cinq pages.
Sur le second, deux suffisent.
Lequel vous paraît le mieux conçu ?
Réduire le nombre d'étapes nécessaires pour accomplir une action améliore l'expérience utilisateur tout en limitant les ressources mobilisées inutilement. Une bonne architecture de l'information, travaillée avec un conseil UX, permet aux visiteurs de trouver rapidement ce qu'ils cherchent : prendre rendez-vous, acheter un produit, télécharger un document, trouver une adresse ou comprendre une prestation.
Le RGESN demande aussi d'éviter le défilement infini et les interfaces manipulatrices (« dark patterns »). Un parcours court profite par ailleurs à l'accessibilité.
L'écoconception concerne donc également l'UX.
Le parcours le plus sobre est souvent celui qui évite les détours.
3. Faire la chasse aux images inutilement lourdes
Impact fort · Effort faible · RGESN 5.1, 5.2 et 6.4
Une photo de 6 000 pixels de large n'a probablement pas besoin de conserver ses dimensions originales pour être affichée dans une zone de 800 pixels.
Et pourtant, c'est un classique.
Les images représentent environ 36 % du poids de la page d'accueil médiane sur mobile, soit la première source de poids (médiane de 911 Ko, Web Almanac 2025). Les redimensionner correctement, les compresser et utiliser des formats modernes (WebP, AVIF, SVG pour les logos et icônes) permet de réduire considérablement les données transférées sans nécessairement dégrader leur rendu perceptible (web.dev).
L'idée n'est évidemment pas de transformer les magnifiques photos de votre équipe en mosaïques de pixels.
Il s'agit simplement d'envoyer la bonne image, dans le bon format et à la bonne taille.
Votre visiteur n'a pas besoin de télécharger une affiche de cinéma pour afficher une miniature.
4. Réfléchir avant de lancer automatiquement une vidéo
Impact fort quand il y a de la vidéo · Effort faible · RGESN 4.1, 5.3 à 5.5 (tous « prioritaires »)
La vidéo est formidable.
Elle est aussi particulièrement gourmande en données.
Le piège : les navigateurs laissent démarrer une vidéo muette sans rien demander (MDN). Aucun garde-fou technique ne vous protège : c'est une décision de conception.
Avant d'intégrer une vidéo en lecture automatique en arrière-plan de votre page d'accueil, il peut donc être intéressant de se demander ce qu'elle apporte réellement.
Est-elle essentielle au message ?
Les utilisateurs la regardent-ils ?
Pourrait-elle être déclenchée uniquement à leur demande ?
Une image fixe pourrait-elle transmettre quasiment la même chose ?
Sur notre propre site, nous avons délaissé le motion design au profit d'images fixes, afin de réduire le volume des informations à envoyer (voir notre approche éco-responsable) [à vérifier mot pour mot]. C'est un choix pour ikuzo.fr, pas une règle : quand une animation se justifie chez un client, nous veillons à ce qu'elle n'alourdisse pas le chargement, comme pour le Studio Brainchild.
Cela ne signifie pas qu'il faut bannir la vidéo.
Simplement qu'elle mérite mieux que d'être téléchargée par tout le monde uniquement parce que « ça rend bien ».
5. Limiter les polices de caractères
Impact faible · Effort faible · RGESN 4.8 (niveau « modéré »)
Vous avez trouvé une superbe typographie.
Puis une deuxième pour les titres.
Une troisième pour quelques éléments graphiques.
Et évidemment plusieurs graisses : Light, Regular, Medium, SemiBold, Bold…
Petit à petit, le navigateur doit télécharger toute une bibliothèque avant même d'afficher correctement la page.
Une identité graphique forte ne nécessite pas forcément quinze fichiers de polices.
Gardons les proportions : les polices pèsent environ 5 % de la page médiane, loin derrière les images ou le JavaScript, et le RGESN classe ce critère au niveau le plus bas. Limiter les variantes reste utile, avec le format WOFF2 ou une police variable. Vos webdesigners peuvent conserver une identité visuelle forte avec peu de fichiers.
Et votre graphiste peut parfaitement survivre avec moins de sept graisses.
Normalement.
6. Écrire du code qui ne transporte pas toute sa maison
Impact fort · Effort élevé · RGESN : thématiques Frontend et Backend (pas de critère unique)
Frameworks, bibliothèques, extensions, scripts…
Les outils modernes permettent de développer plus rapidement et d'ajouter facilement de nombreuses fonctionnalités.
Le problème apparaît lorsque l'on charge une quantité importante de code pour n'en utiliser qu'une petite partie.
C'est un peu comme prendre un semi-remorque pour aller chercher une baguette.
Le JavaScript représente environ 25 % de la page médiane sur mobile (632 Ko). Un développement maîtrisé permet de limiter cette surcharge : supprimer le code inutile, éviter certaines dépendances, rationaliser les fichiers et ne charger que ce qui est nécessaire. C'est ce que nous cherchons dans le développement web sur mesure : un code allégé, sans surcouches inutiles. Ce n'est pas qu'une affaire de technologie : thèmes, constructeurs de pages et extensions font aussi le poids sur un CMS.
Sur un site consulté des milliers de fois, quelques ressources inutiles finissent par représenter beaucoup de données transférées pour rien.
7. Ne pas charger tout, tout de suite (sauf l'essentiel)
Impact moyen · Effort faible · RGESN 6.5 (le plus proche : éviter de charger des ressources inutiles)
Votre page contient quinze images.
Votre visiteur n'en verra peut-être que trois avant de cliquer ailleurs.
Pourquoi télécharger immédiatement les douze autres ?
Certaines ressources peuvent être chargées uniquement lorsqu'elles deviennent nécessaires. C'est notamment le principe du lazy loading (chargement différé) pour les images situées plus bas dans une page.
Une exception, importante : l'image principale en haut de page ne doit jamais être différée. C'est elle que mesure le LCP, le temps d'affichage du plus grand élément visible. Web.dev est explicite : « Never lazy-load your LCP image. » (Optimize LCP, mars 2025) [à vérifier mot pour mot]. On lui donne au contraire la priorité avec fetchpriority="high", sur une ou deux images au plus.
L'erreur est courante : environ 16 à 17 % des pages chargent leur image principale en différé, et seulement 17,3 % des pages mobiles lui donnent une priorité haute (Web Almanac 2025, Performance). Un test de web.dev (2022, donc ancien) mesurait un LCP médian de 2 922 ms sans chargement différé contre 3 546 ms avec (web.dev, 2022).
Même logique pour certains scripts ou contenus externes.
Tout n'a pas besoin d'être disponible à la milliseconde où l'utilisateur arrive. Une fois encore, performance et écoconception font plutôt bon ménage, à condition de différer les bonnes ressources (voir notre page sur la performance d'un site web).
8. Faire le ménage dans les outils tiers
Impact fort · Effort faible à moyen · RGESN 2.10 et 4.4
Statistiques. Chat en ligne. Cartes interactives. Vidéos embarquées. Réseaux sociaux. Publicité. Gestion du consentement. Tests marketing.
Au fil des années, un site peut accumuler énormément de services externes. Selon le Web Almanac 2025, 90 à 92 % des pages utilisent au moins un service tiers, avec une médiane d'environ 79 requêtes tierces par page sur mobile (Web Almanac 2025, Third Parties).
Certains sont indispensables. D'autres ont été ajoutés pour une campagne terminée depuis deux ans et continuent pourtant tranquillement leur vie en arrière-plan.
Faire régulièrement l'inventaire de ces services permet de supprimer ceux qui n'apportent plus suffisamment de valeur. Pour ceux qu'on garde (la gestion du consentement est elle-même un tiers), le RGESN suggère de laisser l'utilisateur activer un service comme une carte ou une vidéo plutôt que de le charger pour tout le monde.
La question est finalement la même que pour le reste :
est-ce utile ?
Si personne ne sait pourquoi un script est encore là, c'est généralement un bon candidat pour une petite enquête.
9. Mettre les ressources en cache
Impact moyen · Effort faible · RGESN 6.2 et 7.1
Pourquoi demander plusieurs fois exactement la même chose ?
Le cache permet au navigateur ou à différents systèmes intermédiaires de conserver temporairement certaines ressources déjà récupérées.
Lorsqu'un internaute consulte plusieurs pages, son navigateur n'a donc pas nécessairement besoin de télécharger encore et encore les mêmes éléments.
Logo, feuilles de style, polices, scripts…
Bien configuré, le cache permet de limiter certains transferts et d'accélérer les visites suivantes. La bonne pratique : des fichiers à nom versionné, conservés longtemps (max-age=31536000, immutable), et un HTML qui se revalide à chaque visite (MDN, HTTP caching).
Un mot sur le CDN, ces serveurs répartis qui rapprochent les fichiers des visiteurs : il a des avantages techniques, mais nous n'avons trouvé aucune étude fiable établissant qu'il réduit, ou augmente, l'empreinte d'un site. Nous ne l'affirmons donc pas.
Ce n'est probablement pas la partie la plus glamour de l'écoconception.
Personne ne s'est jamais exclamé :
« Waouh, magnifique politique de cache ! »
Mais techniquement, elle a son intérêt.
10. Choisir un hébergement adapté
Impact limité · Effort moyen · RGESN 8.1 à 8.3 (dont PUE, prioritaires), 8.4 (WUE) et 8.5 (électricité documentée)
L'écoconception ne s'arrête pas au navigateur. Votre site doit bien être hébergé quelque part.
L'efficacité du centre de données, son mix électrique, la localisation des serveurs ou le dimensionnement des ressources peuvent entrer dans la réflexion.
Attention cependant aux raccourcis.
Une petite feuille verte sur la page commerciale d'un hébergeur ne suffit pas à rendre automatiquement un site écologique.
Mieux vaut chercher des informations concrètes : PUE publié, origine de l'électricité, présence dans l'annuaire de la Green Web Foundation. Sa vérification, revue chaque année, repose sur des déclarations de l'hébergeur : elle atteste un approvisionnement renouvelable déclaré, pas la consommation réelle.
Et surtout, l'hébergement ne dispense pas d'optimiser le site lui-même. Dans le modèle Sustainable Web Design, un hébergement vert ne réduit que la part « exploitation du centre de données », soit environ 18 % de l'estimation totale (calcul à partir du modèle, Sustainable Web Design v4).
Mettre un site de 15 Mo chez un hébergeur qui communique sur ses engagements environnementaux ne fait pas miraculeusement disparaître les 15 Mo.
11. Concevoir un site qui dure
Impact potentiellement fort mais non chiffrable par levier · Effort élevé · RGESN 2.2, 2.4, 2.7 et 3.4 (tous « prioritaires »)
Voici probablement l'un des leviers les moins visibles.
Un site que l'on doit intégralement refaire tous les deux ans n'est pas particulièrement durable.
L'écoconception implique donc également de penser à la durée de vie du produit numérique, d'autant que la fabrication des équipements pèse lourd dans le bilan (voir plus haut). Concrètement, le RGESN demande qu'un site reste utilisable sur des appareils et navigateurs anciens, et qu'il soit maintenu puis décommissionné proprement.
Une architecture évolutive, des technologies maintenables, un code propre, une interface qui ne repose pas uniquement sur la tendance graphique du moment et une gestion simple des contenus permettent de faire évoluer un site plutôt que de refaire intégralement un site. Une maintenance de site web régulière en est la condition.
Et le sur mesure ? Soyons honnêtes : aucune source ne démontre qu'un site sur mesure est plus durable qu'un CMS maintenu. Un WordPress ou un Kirby bien entretenu peut durer aussi longtemps, et le sur mesure ajoute une charge de maintenance. Notre position, que nous assumons : en tant qu'agence web sur mesure, nous développons ce dont le projet a réellement besoin, en prévoyant son évolution. Les arguments sont détaillés dans Le web sur mesure ou standard ; pour une création de site web sur mesure, la durabilité n'est qu'un critère parmi d'autres.
L'écoconception n'est pas seulement une affaire de kilo-octets.
C'est aussi une question de durée.
12. Mesurer, améliorer… puis recommencer
Impact indirect · Effort faible · RGESN 1.4, 1.5 et 4.15
Impossible d'améliorer sérieusement quelque chose sans savoir où l'on en est.
Plusieurs outils évaluent le poids des pages, le nombre de requêtes, les performances ou l'impact environnemental d'un site. Voici les principaux, avec leurs limites :
- EcoIndex : un score de 0 à 100 (grades A à G) fondé sur le DOM, les requêtes et le poids (EcoIndex.fr). C'est un score relatif : il mesure une performance instantanée, pas la maturité d'écoconception. Des chercheurs en critiquent le modèle tout en le jugeant utile pour sensibiliser (The Conversation, mai 2023).
- Website Carbon : une estimation à partir du volume de données transférées, avec le modèle Sustainable Web Design v4 (Website Carbon).
- PageSpeed Insights / Lighthouse : des outils de performance, pas d'impact environnemental.
Aucun ne mesure une consommation réelle. Ne comparez que des pages de même type, et notez toujours l'outil et la date.
Ces mesures permettent d'identifier les pages les plus problématiques et de prioriser les améliorations. Un audit technique fait ce travail de façon approfondie.
Mais attention au syndrome du score parfait.
Comme pour PageSpeed, l'outil de Google qui note la vitesse d'une page, obtenir un joli chiffre n'est pas une finalité.
Une démarche d'écoconception est surtout un processus d'amélioration continue, avec un piège : l'effet rebond, que l'ADEME demande d'intégrer à toute évaluation. Le Baromètre Green IT 2025 le suggère : l'EcoIndex moyen de ses 90 sites est passé de 30/100 à 25/100 en un an, entre refontes sans amélioration et ajouts successifs.
Le site évolue.
De nouveaux contenus arrivent.
De nouvelles fonctionnalités apparaissent.
Et quelques mois plus tard, cette image de 4 Mo envoyée « juste temporairement pour voir » est toujours là.
Un contrôle régulier permet d'éviter que les bonnes habitudes prises lors de la conception disparaissent progressivement.
Qu'avons-nous mesuré sur nos propres réalisations ?
Prenons le cabinet d'expertise comptable Lita comme exemple. Nous avons conçu un site éco-conçu : réduction de la taille des fichiers, optimisation des images, requêtes limitées, mise en cache, pas de scripts inutiles ni d'animations lourdes. Optimisation du design et de l'expérience utilisateur dans ce sens. Avec ces diverses actions, nous avons obtenu un score "A" sur Eco Index pour le site https://lita-ec.fr/
Éco-concevoir, c'est faire un site moins bien ?
Éco-concevoir, ce n'est pas faire un site moins bien.
C'est probablement l'idée la plus importante à retenir.
Un site éco-conçu ne doit pas être un site pauvre, triste ou techniquement limité.
Il doit surtout être plus réfléchi.
Avons-nous besoin de cette fonctionnalité ?
Cette image pourrait-elle être plus légère ?
Ce parcours pourrait-il être plus court ?
Pourquoi chargeons-nous ce script ?
Cette technologie sera-t-elle encore maintenable dans quelques années ?
Toutes ces questions permettent de réduire les ressources utilisées. Mais elles produisent également un effet secondaire plutôt appréciable :
elles conduisent souvent à de meilleurs sites.
Plus rapides.
Plus simples.
Plus faciles à utiliser.
Plus faciles à maintenir.
Chez Ikuzo, l'éco-conception est intégrée au travail de chaque membre de l'équipe [à vérifier mot pour mot : « intègre naturellement l'éco conception dans son travail »]. Pas pour ajouter une étiquette « verte » au site une fois celui-ci terminé, mais pour chercher, à chaque projet, la solution la plus pertinente et la plus raisonnable. Cette logique de développement maîtrisé et de limitation des fonctionnalités superflues fait partie de l'approche présentée par l'agence. Vous pouvez parcourir nos réalisations pour juger sur pièces.
Finalement, éco-concevoir un site web revient souvent à appliquer une règle assez simple :
faire tout ce qui est utile, mais éviter de faire travailler des machines pour rien.
Questions fréquentes
L'éco-conception web est-elle obligatoire ?
Pas de manière générale : le RGESN est non contraignant, et nous n'avons trouvé aucune obligation générale pour les entreprises privées. Certains marchés publics l'intègrent, et les communes de plus de 50 000 habitants devaient définir une stratégie numérique responsable avant le 1er janvier 2025 (Acteurs publics, juin 2025).
Un site éco-conçu est-il forcément moins beau ?
Non. Il s'agit de choisir ce qui apporte quelque chose au visiteur, pas de renoncer au design : ce qu'un élément apporte doit justifier ce qu'il coûte.
Combien de CO2 économise-t-on en éco-concevant un site ?
Personne ne peut le dire avec précision par action : les modèles divergent d'un facteur 5 environ et ne donnent que des ordres de grandeur. Mieux vaut suivre le poids, les requêtes et le DOM de vos pages dans le temps.
Par où commencer pour éco-concevoir mon site ?
Par les actions 1, 3, 8 et 4 : supprimer l'inutile, alléger les images, faire le ménage dans les tiers, ne plus lancer de vidéo automatiquement. Puis mesurez, pour avoir un état des lieux de départ.
Un projet de site sobre et durable ?
Création ou refonte, nous pouvons en discuter. Parlez-nous de votre projet : nous vous répondrons avec joie, et sans jargon.
Pour aller plus loin : Pourquoi la vitesse de votre site compte, le pendant de cet article côté performance.